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Régional
District Midi-Toulousain - L'audit de la discorde !Dans un an, en juin ou septembre 2012, auront lieu les élections à la présidence du district Midi Toulousain. Face au président sortant, Jean-Claude Couailles, se prépare une liste d’opposition dans laquelle se trouve l’ancien président, un Gérard Blancan bien décidé à revenir dans la partie. Malgré les conclusions d’un audit dont il conteste les principales conclusions... (par Johan Cruyff)Jean-Claude COUAILLES : "Trop de facilités prises par l'ancienne équipe avec l'argent des clubs..."
Entre Gérard Blancan et Jean-Claude Couailles, le combat n'a en fait jamais cessé...
Le débat est lancé. A moins qu’il ne faille plutôt parler de lutte tellement semble grand l’antagonisme entre les deux derniers présidents de notre district. D’un côté, Gérard Blancan, qui est resté en poste entre 1996 et 2008, de l’autre Jean-Claude Couailles, qui lui a succédé en 2008. Et au milieu coule... un audit qui avait été commandité par l’équipe Couailles sur la gestion de l’équipe Blancan et qui constitue aujourd’hui la pierre angulaire d’un conflit latent qui devrait monter en régime à mesure que se profile les élections. Au milieu, surtout, deux conceptions différentes d’une fonction présidentielle que le premier avait assumé à sa manière, pleine d’autorité et de communication, quand le second l’habite avec plus de mesure et de discrétion. Entre deux personnalités très différentes, le dialogue est devenu difficile, parfois impossible, souvent illustré par des courriers recommandés, des non-dits et des attaques tranchantes sur les méthodes de l’un, les limites de l’autre... En jeu, évidemment, les élections de 2012 mais aussi les conclusions de ce fameux audit qui, comme un serpent de mer, remonte sans cesse à la surface sans jamais sortir complètement de l’eau. Pour Gérard Blancan, «c’est la preuve qu’ils n’ont rien trouvé alors qu’il avait été lancé soi-disant pour trouver des malversations. Il s’agissait même de leur principal argument de campagne. On allait voir ce qu’on allait voir ! On attend toujours...» Pour Jean-Claude Couailles, "cet audit, qui a été commandé après notre élection et pas avant, a été présenté aux clubs lors de plusieurs réunions". Selon l’actuel président, "nous avons voulu cet audit car malgré la baisse significative des amendes administratives qui répondaient à nos promesses de campagne, le bilan financier de notre première saison, 2009-2010, était quand même positif. On s’est donc demandé pourquoi malgré ces 20 000 euros de recettes en moins, et sans avoir de ressources supplémentaires, nous parvenions à ce résultat. Jamais pendant la campagne nous avions parlé de malversations... Nous voulions démontrer que présider le district autrement était possible." Depuis 1995 et la vente de l’ancien siège de St-Simon, l’audit fait état de neuf saisons déficitaires (sur 14) avec 260 000 euros de trésorerie en 1995 et 137 000 en 2008 avec une vente du siège de la route de St-Simon à 205 000 euros. Pour Jean-Claude Couailles "avec la vente de St-Simon, au lieu d’acheter St-Jean, ils ont dépensé l’argent car si les recettes annuelles ont effectivement été multipliées par 2,35, dans le même temps, les achats l’ont été de 3,31, les frais de déplacement de 3,92 et les salaires de 2,87. On reproche à M. Blancan trop de repas pas forcément justifiés à deux ou trois personnes à midi, trop de frais de déplacements personnels. En fait, chaque fois qu’il se déplaçait sur un terrain, qu’il soit à 5 kilomètres de chez lui ou à 100, il se faisait tout rembourser. Et que dire des 116 000 francs (17 500 euros) de porte clés achetés entre 1995 et 2000, des montres dont certaines sont passées en comptabilité en transports déplacements des éducateurs, des trois cents paires de crampons ou de certaines factures douteuses notamment sur le Champagne !"
Gérard BLANCAN : "M. Couailles faisait partie des quatre ou cinq dirigeants qui dirigeaient le district lorsque j’étais président. Il a tout voté.»
En entrant dans le détail d’une comptabilité qui met à jour, selon lui, «les facilités prises par l’ancienne équipe dirigeante avec l’argent des clubs», le président Couailles veut surtout mettre le doigt sur des pratiques qu’il juge d’un autre temps, battre en brèche les arguments de son prédécesseur lorsqu’il lui reproche aujourd’hui d’avoir préféré mal acheter le siège de St-Jean quand celui de Frouzins lui tendait les bras à des conditions beaucoup plus avantageuses. "Contrairement à ce qu’il dit, le projet de Frouzins n’a jamais existé, s’emporte Jean-Claude Couailles, car il n’y avait aucun plan de financement. Lorsque je faisais encore partie de leur équipe, je l’avais contesté. Tout ça ne reposait que sur des paroles, des promesses mais sans aucune garantie, ni assurance de recevoir les subventions de la Jeunesse et des Sports ou du conseil régional. C’était du vent... D'ailleurs dès avril 2007, le comité directeur avait refusé cette utopie lors d'un vote à bulletins secrets. Notre souci était d'éviter un nouveau montage cavalier." Leur litige repose aussi sur la trésorerie laissée par l’équipe Blancan à l’équipe Couailles à leur prise de fonction en 2008. Les premiers parlent de 331 000 euros, les seconds de 137 000 seulement en raison de dettes non acquittées...
Face à ces multiples contestations et attaques, Gérard Blancan nous avait déjà sollicités en début de saison (sans réaction du président en place). Les élections approchant et son désir de se repositionner se faisant plus précis avec une liste dont il ne serait pas la tête de pont, il a de nouveau souhaité préciser certaines choses. Sur l’écart de trésorerie d’abord : "Sur les 137 000 euros, il faut compter et donc ajouter les disponibilités à recevoir courant juillet 2008 pour un montant de 194 000 euros. Pour récupérer ces disponibilités le nécessaire a-t-il vraiment été fait ?" Jean-Claude Couailles se veut plus précis et sort les comptes arrêtés au 30 juin 2008, certifié par le commissaire aux comptes qui fait état du montant des charges à payer à cette date pour un montant de 244 659.23 €. Il rajoute qu’il n’a jamais démenti les disponibilités à recevoir, Fédération, Ligue et les clubs sont des partenaires. Par contre il s’étonne de l’oubli des charges à payer que son équipe a honoré. Sur les notes de frais ensuite pour des trajets quotidiens de dirigeants (près de 30 000 euros en 12 ans) : "J’étais tous les jours au district car mon travail me le permettait. Si l’on dissèque cette somme avancée cela représente une moyenne de 205 euros par mois soit sur une base moyenne de 12 ans de 0,25 euros le kilomètre, 820 kilomètres aller-retour mensuels, soit 33 km environ par jour... sans compter les déplacements dans les districts voisins, à la Ligue du Midi, d’Aquitaine, les réunions du secteur et l’association des présidents de district. Où se situe le scandale. Il est vrai que si ceux qui dénoncent ces abus avaient passé plus de temps au district, ils m’auraient vu. Quant à ceux qui m’ont vu mais préfèrent se taire, peut-être veulent-ils conserver leur place gratuite au Stadium !" Le président Couailles "juge ce comportement insultant pour tous les bénévoles qui font survivre les clubs avec des bouts de ficelles. Ces frais de remboursements n’ont jamais été autorisés par une délibération du Comité directeur. Pourquoi ne pas avoir appliqué la loi sur le bénévolat, pendant les deux derniers mandats comme pour les autres élus ?" Sur les frais de repas au restaurant qui dépassent régulièrement les 25 euros par personne, les justifications tombent avec le même aplomb : "Lorsqu’avec SFR vous négociez un partenariat s’élevant à 250 000 euros à l’époque pensant quatre ans, et que votre interlocutrice, la DRH, vous invite lors de la première réunion à manger à l’hôtel de Diane de St-Simon, il me semblait indélicat de l’inviter, en retour, au McDo du coin !" Et ainsi de suite sur des déplacements à Paris, sur des dépenses de Champagne, sur des achats disproportionnés souvent en relation avec l’entreprise Sportmatic... toujours justifiées par un Blancan le coeur sur la main déclarant n’avoir sans cesse eu en tête que les intérêts des clubs et ceux de son district, s’étonnant que celui qui le met en cause aujourd’hui "faisait partie des quatre ou cinq dirigeants qui dirigeaient le district lorsque j’étais président. Il a tout voté." Vers l'organisation d'un vrai débat pour plus de transparence ?
Jusqu’à une certaine mesure puisque le projet de Frouzins fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase pour un Jean-Claude Couailles qui, après avoir vécu le «système Blancan» de l’intérieur, a souhaité s’en désolidariser en 2008 pour mettre en place une politique résolument différente. "Vous voulez un exemple sur les déplacements ? Dans l’affaire des féminines de l’AS Muret (qui avaient été interdites de montée en D1 : ndlr), pour les accompagner à Paris devant le CNOSF, plutôt que de prendre un avion et un taxi comme l’aurait fait M. Blancan, j’ai posé un jour de congé, pris un train de nuit et voyagé en transport en commun sur place !" Au delà de toutes les factures de l’époque Blancan qu’a déterrées devant nous l’ancien dirigeant d’Escalquens, souvent peu convaincu de leur pertinence, et à l’origine du fameux audit, c’est bien une conception différente de leur fonction qui le sépare de son prédécesseur au tempérament beaucoup plus volubile et extraverti. Quand Gérard Blancan faisait avancer le district au pas de charge, à coups de gueule et de tapes dans le dos, Jean-Claude Couailles est plus à l’aise dans l’ombre et la discrétion. «Je ne suis pas un grand communiquant» reconnait-il. Pourtant, s’il veut résister à l’offensive de son principal et pour l’heure seul concurrent au poste, il devra certainement se faire violence et aller au bout de sa logique en dévoilant au grand jour les conclusions de cet audit de la discorde qu’il estime accablant. Sans ça, l’ancien arbitre au look caractéristique aura beau jeu de regretter que «ce pseudo audit n’est rien d’autre que le besoin et l’envie, et c’est récurrent depuis 2006, de me salir avec quelques uns de mes proches collaborateurs et bien entendu, comme par hasard, à l’aube de la dernière saison du mandat 2008-2012, et donc à quelques mois des prochaines élections.» "Je veux être jugé sur le bilan des quatre saisons passées au service des clubs", nous dit Jean-Claude Couailles. Fidèle à notre volonté de ne pas mettre de l’huile sur le feu mais bien de constituer une force de proposition, nous ne prendrons pas partie dans cette lutte midi toulousaine... et nous encourageons les deux protagonistes à envisager l’organisation d’un vrai débat, selon une forme à déterminer (radio, web, télé) d’ici juin 2012. SI M. Blancan n'est pas hostile à cette perspective, M. Couailles nous a fait savoir qu'il y était moins favorable. "Mes seuls interlocuteurs sont les présidents de clubs. Nous ne sommes pas en politique et il est affligeant de parler d'opposition. Je suis le président de tous les clubs à et leur service avec beaucoup de respect et d'humilité, sans tambour ni trompette. Les dirigeants n'ont pas la mémoire courte."
Johan Cruyff Mardi 2 Août 2011
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