Dominique, on sait que tu viens de Colomiers, mais y as-tu également commencé le football ?
Oui, j'avais 7 ans en poussin première année. Je me souviens de mon premier match. J'avais débuté attaquant mais comme à la mi-temps on perdait 10-0, je suis passé défenseur après la pause ! Depuis ce jour là, je ne suis plus revenu devant. Je n'étais pas fait pour marquer des buts.
Te souviens-tu de tes éducateurs d'alors ?
Bien sûr, notamment de Philippe Chanteloup qui m'a suivi ensuite une année sur deux jusqu'en cadet. Nous avons eu une longue histoire ensemble, avec toute une bande de potes grâce à laquelle j'ai vraiment accroché avec le football. Le système éducateur-copains-joueurs, nous étions tous au même collège, fonctionnait super bien. Je prenais un pied énorme à les retrouver à chaque match et à chaque entraînement. J'en revois encore beaucoup, Thierry Chazalon, Stéphane Chanteloup, le fils du coach, Olivier Beaumont, Denis Garcia... et beaucoup d'autres qui faisaient partie de la bande et avec qui nous avons fait tout notre cursus à Colomiers.
Comment s'est passée votre progression au sein du club ?
Normalement dans les catégories de jeunes, jusqu'à ce que je fasse mon premier match en DH avec l'équipe fanion, à 16 ans et demi. J'étais le petit jeune qui arrivait au milieu de joueurs plus murs et expérimentés comme pouvaient l'être Sebban, Ribul ou Lacroix, des emblèmes du foot régional. Christian Authié puis Léon Maier, avec qui j'ai joué un an, me faisaient jouer dans l'axe, parfois milieu, avec Daniel Lacroix. J'étais bien à l'abri (rires) ! Il le fallait parce que c'était l'époque de la rivalité Colomiers-Blagnac en DH. Pour ma première apparition, on m'avait dit : "tu vas prendre Koffi Konan, ne t'en fais pas il marque que 40 buts par saison !" Mais tant que je suis resté à Colomiers, jamais le club n'a pu monter en D4...
"St-Etienne et Nantes me voulaient, le TFC s'était senti obligé de s'intéresser à moi..."
D'où ce départ vers Muret ?
Oui, je revois encore Gérard Rabier chez moi pour rencontrer mes parents. J'étais déjà à la fac, en IUT informatique à Paul Sabatier, signer à Muret représentait beaucoup pour moi parce que le club était en D3 et avait une excellente réputation. J'avais l'occasion de franchir un palier.
A 19 ans, pensiez-vous à une possible carrière pro ?
Pas le moins du monde. Je n'avais aucune idée de mon potentiel et c'est bien pour ça que je voulais me tester en allant à Muret qui était une référence. Réussir à m'imposer en D3 était déjà un challenge qui me paraissait compliqué et j'étais loin de m'imaginer que cela pouvait déboucher sur une carrière pro.
C'est pourtant ce qui s'est passé, rapidement en plus...
Oui, je ne suis resté à Muret que deux saisons. Encore aujourd'hui, quand j'y repense, je me dis que ce furent mes plus belles années de footballeur. On était tous à la fac, il régnait vraiment un ambiance particulière entre nous avec un grand monsieur, Rabier, à la tête de tout ça. C'est lui qui nous bonifiait, qui nous amenait à donner le meilleur de nous mêmes, à jouer dans notre registre pour atteindre le meilleur niveau possible. Je pense pouvoir dire que sans lui je n'aurais certainement pas fait de carrière pro.
Avez-vous été surpris que le TFC, et d'autres, s'intéressent à vous ?
Franchement, je ne me posais pas de questions... Je jouais mes matchs et j'étais pris dans la dynamique du club. Avec moi, à peu près au même moment, Franck Solacroup, avait été approché par St-Etienne (via Elie Baup qui venait de suivre Santini chez les Verts : ndlr). J'avais aussi effectué un essai d'une semaine là-bas pendant les vacances. Nantes était aussi intéressé... avec le TFC qui s'est un peu senti obligé de m'appeler. Beaucoup de jeunes du coin s'expatriaient pour tenter leur chance, ils voulaient montrer que leur porte était aussi ouverte. Au début, cela s'est passé avec Andreu et Delmas, plus qu'avec le secteur pro.
"A Muret avec Verdié et Bessard dans l'axe..."
Pourquoi avoir choisi le TFC ?
Déjà parce que cela me permettait de continuer mes études, ensuite parce que je voulais rester au contact de mes familles et de mes amis. Signer au TFC était tout bonus pour moi. Dès la première saison, j'ai fait 35 matchs. C'est allé très vite. Deux ans avant j'étais en DH, je me retrouvais en L1 avec le sentiment d'en avoir bien profit, à Colomiers, à Muret et ensuite au TFC. J'ai savouré ces différentes étapes.
Vous avez arrêté votre carrière en fin de saison dernière, l'idée de faire encore un peu de rab en DH ou en CFA ne vous a pas traversé l'esprit ?
Non, parce que mes nouvelles activités ne me le permettraient pas, mais aussi et surtout parce que je n'en éprouve pas l'envie. J'avais la possibilité de continuer en Ligue 2 mais je n'ai pas donné suite. Revenir dans le milieu amateur, 20 ans après... je ne suis pas sûr que j'y retrouve le même plaisir. faire sept heures de bus à 20 ans, ça passe, c'est même super, aujourd'hui, c'est plus pareil. Si j'ai refusé la L2, ce n'était pas pour m'engager en DH ou en CFA dans une équipe du coin avec des contraintes qui sont parfois très importantes;
Un petit mot sur vos activités au TFC. Que faites-vous exactement ?
Je m'occupe du recrutement du secteur pro. Je vais voir des matchs, je suis tout le temps en déplacement, au contact du jeu et des organisations, je vois beaucoup de joueurs avec l'objectif permanent de bonifier l'équipe du TFC. En France, à l'étranger, je voyage pas mal. C'est une bonne transition qui me permet, en parallèle, de passer mes diplômes d'entraîneur. J'ai passé dernièrement le moniteur avec Francis Fernandez, le CTD, sur Portet sur Garonne. J'ai retrouvé des mecs de Castanet, de St-Jo, du TAC... Je me remets dans le bain d'un foot amateur que, étant pro, vous ne pouvez plus fréquenter. Je vais passer mon BE1 et essayer de présenter le DEF en juin. On verra ensuite les opportunités qui se présenteront. Je n'ai aucun plan de carrière, ni au TFC ni ailleurs...
Pour conclure, si on vous demandait de ne retenir qu'un moment fort de vos années pré-professionnelles à Colomiers et Muret, quel serait-il ?
J'ai souvenir avec Muret d'un match de coupe de France, qui n'était pas Monaco (!), face à Rodez qui jouait alors en D2. On avait perdu 1-2 après prolongations et on avait vraiment fait un gros match, passant de peu à côté de l'exploit. Cela me rapprochait du haut niveau. Dans l'axe central, on jouait à trois, avec Thierry Verdié et "Paco" Bessard.
propos recueillis par Pavel Nedved