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Elie BAUP : "Mes années Comminges..." ("Des pros bien de chez nous...")

Tous les mercredis dans cette rubrique "Des pros bien de chez nous...", nous proposerons à tous les pros qui ont débuté dans la région de revisiter leur enfance à travers leurs souvenirs de football. Pour ce premier flash-back, Elie Baup nous parle d'un temps où le Comminges était une place forte du football régional. Lui, l'enfant de Larroque, avait les joueurs de Luchon comme idoles...


Pour Elie Baup, tout a commencé dans le Comminges...
Pour Elie Baup, tout a commencé dans le Comminges...
Elie, depuis Nantes, as-tu le temps de suivre les résultats des clubs régionaux ?
Je jette un oeil sur ceux de la CFA ou CFA2, ceux qui sont facilement accessibles dans la presse. Maintenant qu'il y a foot31.fr, je vais pouvoir consulter aussi ceux du district du Comminges (rires) ! Sérieusement, je regarde parfois les résultats des clubs où je connais des connaissances, à Tarbes, à Blagnac, à Balma, à St-Gaudens, Revel... J'ai des échos de ce qui se passe avec les gens de Luchon que je côtoie un peu plus en raison de l'Académie des Gardiens.

Lorsque tu étais encore dans le milieu amateur, avant de devenir éducateur au TFC, quel rapport avais-tu avec le monde pro ?
Je n'en avais pas beaucoup. A l'époque, il n'y a avait pas toute cette médiatisation autour du football, pas de télé, peu de journaux, donc mes idoles à moi jouaient en CFA dans le Comminges, à Luchon notamment où mon père m'emmenait parfois voir des matchs. Bien sûr, je regardais avec admiration le gardien, c'était le père d'Olivier Pedemas, ou Barta, Petit... de sacrés joueurs. Pour moi qui sortais d'un petit bled, le CFA c'était déjà énorme. Ensuite, quand j'ai grandi, j'étais trop dans l'action pour m'occuper de ce qui se passait ailleurs. C'est comme aujourd'hui, je peux tomber sur des matchs du Barça ou de Liverpool, et être admiratif, mais je me concentre avant tout sur ce que j'ai à faire. Lorsque je jouais en D3, c'était pareil, je voyais rarement les pros.

Où se situe le sommet de ta carrière de joueur, de gardien de but donc ?
J'ai longtemps été à Mazamet en D3 avec Yves Albert, un coach avec qui j'ai gardé des contacts. Il m'appelle souvent. C'est un endroit auquel je suis resté attaché. Tout comme Castelnaudary où j'ai débuté comme entraîneur-joueur à 26 ans en DH. Là encore, j'ai gardé de bons contacts, encore aujourd'hui avec certains dirigeants.

Où as-tu débuté le football ?
A Larroque, dans le Comminges, c'était le temps des sélections minimes et cadets... J'en suis parti parce que ça correspondait à un nouveau cycle scolaire, avec des études sur Toulouse. J'ai alors signé au TFC, qui s'appelait UST, jusqu'à mon accident de voiture, à 19 ans. Je suis resté immobilisé pendant six mois après une double fracture des cervicales. Tout s'est arrêté, je ne savais même pas si j'allais pouvoir remarcher un jour. C'était du sérieux. Finalement, j'ai pu rejouer.

Dans le même esprit, avec la même ambition ?
Bien sûr que non. Tout était différent. Quelque chose s'était cassé en moi et en même temps cela m'a permis de prendre conscience de la fragilité des choses, de la nécessité de préparer mon avenir professionnel autrement qu'en envisageant une carrière pro.

Sans cet accident, aurais-tu pu percer ?
Disons que j'étais dans les sélections de Ligue en minimes, en cadets et en juniors. J'avais des contacts avec quelques pros qui voulaient me faire faire des essais. J'ai gardé des lettres...

Cet accident a brisé ta carrière de joueur mais a lancé cette d'entraîneur !
Oui. Je me suis dit que si je voulais faire ma vie dans le football, parce que ça restait plus que jamais ma passion, il fallait que je m'en donne les moyens. C'est comme ça que j'ai rapidement passé mes diplômes d'éducateur puis d'entraîneur. Que vous arrêtiez votre carrière en raison de l'âge ou d'un accident de voiture, le résultat est le même. Quelque part, j'ai eu la chance, grâce ou à cause de ces circonstances, d'avoir la vocation très tôt. Je sentais en moi ce besoin de transmettre, ce côté éducatif que j'ai toujours.

"Albert, Fête, Keuleyan, mes inspirateurs !"

Avant de t'asseoir définitivement sur le banc, tu as quand même arpenté quelques clubs du coin, après quoi courrais-tu à l'époque, les primes de matchs ?
Après Mazamet et avant Castelnaudary, j'ai joué à Agen en D3, à Muret puis en corpo chez Buzzichelli. Mais ce n'étaient pas les primes qui me faisaient courir (rires)... J'allais avant tout dans un club pour suivre des potes, à la recherche de relations humaines et de bonnes conditions de pratique, pour le plaisir d'évoluer à un bon niveau, dans de bonnes conditions. Le côté professionnel a pris le dessus ensuite, lorsque j'ai eu à saisir des opportunités de travail dans la formation.

Tu nous dis avoir eu très tôt la vocation d'éducateur, d'entraîneur. Quels furent tes inspirateurs ?
J'ai déjà parlé d'Yves Albert, je ne peux pas oublier MM. Fête et Keuleyan, deux profs de gym à la trajectoire similaire, que j'ai eu comme éducateurs dans les sélections régionales. M. Fête était à Boulogne sur Gesse puis à St-Gaudens, M. Keuleyan à l'Entente Salies St-Martory. Ils étaient tout le temps ensemble. Ce sont eux, M. Fête au tout début, qui m'ont fait aller vers le foot. J'ai essayé de m'inspirer de leurs méthodes, de m'inscrire dans leur continuité, d'avoir la même démarche avec les jeunes.

Jacques Julia nous parlait également de Robert Keuleyan lorsque nous sommes allés le voir à Luchon au coeur de l'Académie de Gardiens de But que vous avez créée avec Barthez. Pourquoi une telle structure ?
C'est un mélange de beaucoup de choses. D'abord le Comminges, je voulais absolument que ce soit là-bas. Ensuite, Fabien (Barthez), avec qui j'ai partagé beaucoup, et enfin les gardiens parce que c'est le poste qui me faisait rêver quand j'étais jeune, le poste où j'ai eu le plus de joie en tant pratiquant, celui où j'ai démarré en tant qu'entraîneur aussi.

Peux-tu imaginer revenir dans le foot amateur lorsque tu seras usé du professionnalisme et tout ce que cela engendre de pression et de tension ?
J'aimerai toujours le football, c'est une certitude. Mais plus on va, plus s'investir dans le foot amateur devient aussi compliqué et exigeant que de le faire dans le milieu pro. Quand je vais à des réunions d'éducateurs, je constate qu'ils ont les mêmes préoccupations que moi vis à vis des jeunes joueurs notamment en terme de discipline, de respect... Non, quand tout ça s'arrêtera pour moi, ce sera pour faire vraiment autre chose. J'en suis à ma 15ème année en Ligue 1, avant j'avais passé 11 ans dans les centres de formation... donc 26 ans au taquet ! Parce que quand vous êtes là-dedans, vous ne pouvez ne pas être à 150% dans ce que vous faites. En terme d'investissement, c'est énorme. Je pense que j'aspirerai à autre chose qu'à rester dans le foot. Mais on n'en est pas là, je suis encore jeune (rires) !

Propos recueillis par Jean-Louis Bouffartigues



Dans Le Foot Toulouse, le parcours détaillé de l'homme à la casquette.
Dans Le Foot Toulouse, le parcours détaillé de l'homme à la casquette.
Elie Baup
Né le 17 mars 1955 à St-Gaudens
Clubs successifs :
Joueur : Larroque, US Toulouse (1970-74), Mazamet (1974-78), Agen (juillet-décembre 1978), Muret (décembre 1978-81), Buzzichelli Sport Toulouse (1981-82).
Entraîneur : Castelnaudary (1982-84), Toulouse, adjoint centre de formation (1984-91), St-Etienne, centre de formation (1991-94), St-Etienne, L1 (1994--février 1996), Bordeaux, adjoint (juillet-décembre 1997), Bordeaux, L1 (janvier 1998-octobre 2003), St-Etienne, L1 (2004-06), Toulouse, L1 (2006-08), Nantes, L1 (depuis septembre 2008).
Palmarès : Champion de France 1999, coupe de la Ligue 2002.

A lire également le portrait d'Elie Baup réalisé par Frédéric Denat dans Le Foot Toulouse : "Baup, le Commingeois".

Vendredi 6 Février 2009
Jean-Louis Bouffartigue

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