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Régional
Eric, quelle fin pour Carrière ? (2/2) (Des pros bien de chez nous...)L'été dernier, il fut à deux doigts de rentrer à Toulouse, de signer à Muret et de préparer dans sa région les bases de sa reconversion. Le projet du FC Dijon a tout changé. A un an et demi de la fin de son contrat, qui sera certainement aussi la fin de sa carrière, Eric n'a pas de bonnes nouvelles à annoncer à ceux qui rêvent de le voir rejouer à Clément Ader...
Eric, quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez de vos trois années muretaines ?
La meilleure saison, celle où j'ai pris le plus de plaisir car nous marquions beaucoup de but, c'est avec la réserve en DH. Pascal Sempé était le coach, le groupe était sympa et solidaire avec les Cerruti, Poilblan (aujourd'hui trésorier du club : ndlr), Chelle... J'ai ensuite intégré le groupe I en National en étant proche de Sébastien Poisson, Fabrice Abadie notamment... On jouait le jeudi en universitaire et le samedi en club. Ce n'était pas très sérieux mais ça faisait partir du truc. Je me souviens d'un 6-0 face au Paris FC à Clément Ader. Un gros match. Mais plus que les matchs, c'est le contexte qui m'a marqué, tous ces déplacements que nous faisions à l'autre bout de la France. A Haguenau, on est parti en avion et rentré en bus. C'était champêtre et finalement inoubliable. Souvent, on partait le vendredi soir après l'entraînement, on s'arrêtait dormir à mi-chemin, et on reprenait la route le matin pour jouer le soir. J'aimais bien, on passait des heures à jouer aux cartes. Aujourd'hui, si on me demandait de faire 10 heures de bus pour aller faire un match... Finalement, est-ce que tout ce que vous avez vécu à Muret dans des conditions pas évidentes ne vous a pas aidé à mieux appréhender votre réussite en Ligue 1, à relativiser ce qui vous arrivait, à ne pas vous la jouer comme on dit ? Je ne sais pas si ça m'a aidé mais il était important pour moi de vivre ça. Il n'aurait pas été plus facile de passer pas un centre de formation, où la concurrence est terrible, mais il est évident que ça aide à apprécier la suite, lorsque vous êtes en haut et que vous vous rappelez d'où vous venez. "Ayant goûté au haut niveau, j'ai envie d'y rester" Vous avez 35 ans, jusqu'à quand allez-vous jouer ? Encore la saison prochaine au moins. Il va falloir attendre encore un an et demi avant de vous revoir dans la région tous les week-ends avec le maillot "Blaugrana" sur les épaules ? Il y a dix mois, je cherchais une maison sur Toulouse parce que nous avions décidé avec Rachel, ma femme originaire de la région également, de revenir vivre ici. J'étais alors parti pour arrêter ma carrière et dans ma tête je me disais : pourquoi pas revenir jouer de temps en temps avec Muret ! Et finalement, j'ai reçu la proposition de Dijon. j'ai rencontré le président, l'entraîneur, qui ont beaucoup insisté pour m'avoir, et je me suis aperçu qu'ils partageaient exactement la même philosophie de jeu et de vie que moi. J'ai donc signé pour deux ans. Au delà, le président souhaiterait que je m'investisse dans le club. Dijon est encore jeune à ce niveau et recherche de l'expérience pour mettre en place un projet vers la Ligue 1. Je me retrouve donc assez loin de Toulouse et de Muret aujourd'hui. Même si une ligne aérienne va bientôt ouvrir entre Dijon et Toulouse (rires). Serez-vous coach plus tard ? Je passe depuis cinq ans mes diplômes. Ayant goûté au haut niveau, j'ai envie d'y rester. Des choses me dérangent dans le milieu pro, notamment le fait que l'enjeu tue trop souvent le jeu. Mais si je veux faire en sorte que ça change, il faut que je me donne les moyens d'agir directement dessus, donc de rester au plus haut niveau. Muret en National, ce serait du haut niveau ! Aujourd'hui il est difficile d'imaginer revoir l'ASM en National. L'argent détermine pas mal de choses à partir d'un certain niveau, même en amateur. Vous resterez tout de même impliqué à l'ASM ? Oui, bien sûr peu importe le statut, le titre, président délégué, d'honneur ou je ne sais quoi... Même si j'en ai eu à moment donné le titre, je ne me suis jamais considéré comme le président. Je suis là pour aider le club. Mais ceux qui le font vivre au quotidien ce sont les bénévoles. Par rapport à eux mon investissement humain ne vaut pas grand chose. Propos recueillis par J-L. B.
Eric Carrière
Né le 24 mai 1973 à Foix 1m73 - 65 kg Clubs successifs : Auch, Muret (1992-95), Nantes (1995-2001), Lyon (2001-04), Lens (2004-08), Dijon (depuis 2008) Palmarès : champion de France en 2001, 2002, 2003 et 2004. Vainqueur de la coupe de France en 1999 et 2000. Finaliste de la coupe de la Ligue en 2008. Vainqueur de la coupe des Confédérations en 2001. International, 10 sélections (5 buts). 333 matchs de L1, 28 buts. 58 matchs de coupe d'Europe, 10 buts. Mercredi 11 Février 2009
Jean-Louis Bouffartigue
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