L'entretien du samedi

Jean-Luc VINUESA : "Je me suis (re)pris au jeu !" (Lavelanet-Mirepoix, Ariège, football)

Dans le sillage des Zanon, Stambouli ou Puel, aveyronnais et tarnais qu'il fréquentait en sélection régionale de jeunes, Jean-Luc Vinuesa fut un des meilleurs joueurs de sa génération. Inoubliable meneur de jeu de Rodez en demi-finale de la coupe de France 1991 face au grand OM de Tapie, l'Ariégeois n'a pas eu la carrière que son talent aurait mérité. Après avoir fait remonter le TFC en D1, c'est donc principalement en D2 qu'il éclaira le jeu de ses prises de balle magiques. A Sète, Orléans, Avignon et Guingamp, on en parle encore... A Lavelanet aussi où l'élégant milieu de terrain a repris l'équipe de DHR cette saison et où il est bien parti pour vivre une nouvelle accession. (par Johan Cruyff)



De Villeneuve d'Olmes à Lavelanet...

Accroupis à l'extrême gauche, Vinuesa est un coach qui est resté joueur dans l'âme.
Accroupis à l'extrême gauche, Vinuesa est un coach qui est resté joueur dans l'âme.
Jean-Luc, comment vous êtes-vous retrouvé entraîneur de Lavelanet Mirepoix ?
Par hasard. Parce que même si j'ai passé mon BE1 il y a bien longtemps, je n'ai jamais eu l'ambition de percer dans le métier d'entraîneur. Lorsque j'ai raccroché les crampons à Guingamp, j'ai coupé complètement avec le foot pendant quelques années pour me consacrer au boulot. Je n'avais plus été coach depuis mes années ruthénoises, lorsque j'étais revenu au club pour monter de CN2 à CN1, et à Tarascon lorsque j'avais décidé de revenir m'installer en Ariège. Depuis, j'avais bien repris à Villeneuve d'Olmes depuis deux ans mais surtout parce que le club n'avait pas de BE1. C'était l'occasion de me maintenir en forme et d'avoir une activité physique au moins une fois par semaine. Finalement, je me suis pris au jeu et j'ai fini par faire quelques entraînements puis par prendre l'équipe.

Vous avez le BE1, ne souhaitez-vous pas poursuivre désormais que vous êtes revenu dans le milieu ?
J'ai le spécifique du BE2, peut-être me le faudra-t-il en entier si nous montons en DH. Pourquoi pas. De toute façon, comme je n'ai ni l'envie ni l'ambition d'aller entraîner ailleurs...

"Le milieu du foot pro est un milieu trop particulier et très ingrat. Je ne suis pas revenu m'installer dans l'Ariège pour repartir."

N'avez-vous jamais eu envie de revenir dans le milieu pro que vous avez bien connu ?
Surtout pas ! Le milieu du foot pro est un milieu trop particulier et très ingrat. Je ne suis pas revenu m'installer dans l'Ariège pour repartir. Ici, j'ai fait bâtir il y a quelques années, je suis bien.

Revenons à Lavelanet Mirepoix, pourquoi ce choix ?
Franchement, je ne m'y attendais pas. Le club avait un coach depuis quelques années et ils ont voulu en changer. C'est dans ce cadre là qu'ils m'ont contacté. Comme ça ne bouleversait pas trop ma vie et que ça me permettait d'évoluer à un meilleur niveau, je me suis lancé. A faire ça autant le faire au meilleur niveau possible dans la mesure où les contraintes sont à peu près les mêmes.

En vous recrutant, les dirigeants souhaitaient-ils se donner de nouvelles ambitions ?
Ils cherchaient surtout un nouveau coach. Lorsque je suis arrivé, je n'avais aucun a priori car je ne connaissais pas la DHR, ni le groupe de joueurs que j'allais avoir. Donc je ne pouvais pas savoir quel rôle nous pourrions jouer. Il s'avère que nous avons fait un bon début de saison, tant mieux ! On va essayer de continuer sans se mettre de pression particulière.

La montée en DH n'est-elle pas devenue l'objectif numéro 1 désormais ?
Si on peut monter, on le fera. Au niveau des déplacements, DH ou DHR, ça ne change pas grand chose. Après, il faut que tout suive, joueurs, dirigeants et partenaires. Lavelanet est un club qui a encore besoin de se structurer. Mais si on gagne le droit de monter sur le terrain, on assumera. Notre seul problème sera d'assumer notre situation géographique. Car si nous sommes loin de Toulouse, nous aussi excentrés en Ariège. Heureusement, le club a toujours sorti de bons jeunes. Donc je pense que le club pourrait bien vivre en DH.

Luzenac, le TFC, la société Lieures...

En début de saison, Lavelanet Mirepoix a fait appel à l'ancien téféciste pour se donner un nouvel élan.
En début de saison, Lavelanet Mirepoix a fait appel à l'ancien téféciste pour se donner un nouvel élan.
Comment trouvez-vous le niveau de la DHR ?
Il manque d'homogénéité. Il y a plusieurs championnats en un, avec quatre ou cinq équipes supérieures et quelques joueurs qui ont évolué au niveau au dessus. La preuve, on a montré en coupe de France, en sortant deux équipes de DH et en se faisant éliminer avec les honneur par Balma (CFA), que nous étions au niveau.

Vous évoluez dans un département où règne en maître Luzenac, un club où vous n'avez jamais joué !
J'ai plusieurs fois joué contre mais jamais avec, effectivement. Je ne suis pas étonné par leur réussite car il n'a jamais été facile pour les équipes adverses d'aller jouer là-bas. Et comme ils ont en plus rajouté de la qualité dans leur jeu avec de bons joueurs, ils méritent d'évoluer en National. Au dessus, par contre, ça ne paraît pas envisageable car ils ne pourront jamais lutter avec des équipes comme Reims, Troyes ou Laval. Mais il est déjà important pour le département d'avoir une telle locomotive. Les autres clubs peuvent prendre exemple dessus, les joueurs peuvent aller voir des matchs de bon niveau et s'en inspirer. C'est motivant. Luzenac a autant d'importance pour le football ariègeois que le TFC pour la région Midi-Pyrénées.

"Luzenac a autant d'importance pour le football ariègeois que le TFC pour la région Midi-Pyrénées".

Vinuesa le coach est-il à l'image de Vinuesa le joueur, un virtuose du jeu ?
A ce niveau, il ne faut pas faire les malins. On fait surtout ce que l'on peut avec ce que l'on a. Plus que des grands principes de jeu, il me paraît important de parvenir à créer un esprit collectif, une mentalité de gagnants. Même s'il n'est pas question de gagner à tout prix, la notion de groupe prime. Les résultats sont indispensables si on veut bâtir quelque chose de solide et espérer attirer des joueurs qui, dans un second temps, vous permettront peut-être d'avoir plus d'ambition dans le jeu. Le jeu pour le jeu ne m'intéresse pas.

1983-1984 : la vignette Panini qui tue... époque FC Sète en D2.
1983-1984 : la vignette Panini qui tue... époque FC Sète en D2.
Vous avez été un des joueurs importants du TFC des années 80, avez-vous gardé un contact avec le club ?
Uniquement à travers mon activité professionnelle. Je suis commercial pour la société de transports Lieures et nous sommes partenaires du TFC. On prend notamment en charge les déménagements des nouveaux joueurs, les déplacements des équipes adverses. Un moyen de mêler le plaisir et le travail.

Est-ce la reconversion dont vous rêviez ?
Oui dans la mesure où elle me permet de vivre en Ariège. Ce retour chez moi était mon objectif prioritaire quand j'ai arrêté à Guingamp. J'avais préparé ma reconversion en suivant des formations dans le commerce, le marketing et la gestion. Donc lorsque M. Lieures m'a proposé d'intégrer sa societé, je n'ai pas hésité. Ce retour s'est fait naturellement et je ne l'ai jamais regretté.

Propos recueillis par J.C.

Les années 80 reviennent à la mode. Vinuesa a-t-il gardé ce maillot RMO très vintage ?
Les années 80 reviennent à la mode. Vinuesa a-t-il gardé ce maillot RMO très vintage ?
JEAN-LUC VINUESA
Né le 20 décembre 1960 à Foix
Profession : commercial (société Lieures) depuis 1999.
Parcours
Joueur : TFC (1977-83), Sète (1983-85), Orléans (1985-87), Sète (1987-88), Avignon (1988-90), Rodez (1990-93), Guingamp (1993-94).
Palmarès : demi-finaliste de la coupe de France 1991, champion de D2 en 1982 et 1994.
Entraîneur : Rodez, Tarascon, Villeneuve d'Olmes (2007-09, PL), Lavelanet Mirepoix (depuis 2009, DHR)
Diplôme : BE1, spécifique BE2.

Pour en savoir plus sur Jean-Luc Vinuesa
Pour en savoir plus sur le club

Le FC Lavelanet Mirepoix 2009-2010, leader de sa poule de DHR
Le FC Lavelanet Mirepoix 2009-2010, leader de sa poule de DHR

Samedi 19 Décembre 2009


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