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TFC
Quand le TFC pense aux clubs de quartiers... (La Faourette, Bagatelle, Juventus Papus, Midi-Toulousain, football)Dans le cadre de l'opération "Jouons ensemble", initiée par le TFC depuis 2002 pour se rapprocher des clubs de quartier et développer une pratique éducative du football, Moussa Sissoko et Cheikh M'Bengue sont venus rejoindre Didier Meseguer, le pilote téféciste de cette manifestation, sur le terrain de La Faourette ce mercredi. Un bon moyen de tester "pour de vrai" la popularité grandissante d'un club qui a enfin pris conscience qu'il avait aussi un rôle à jouer ailleurs que sur les terrains de L1. (par Johan Cruyff)
Sissoko et M'Bengue ont pu constater que la popularité du TFC était bien réelle dans les quartiers de Toulouse.
Au delà d'une communication officielle estampillée TFC qui parle "d'un programme social qui a pour objectif de développer une pratique éducative du football dans les quartiers dits sensibles de la ville... où l'implication du TFC est totale à destination des enfants et adolescents...", programme séduisant s'il en est, nous avons voulu savoir ce qui se cachait derrière ce phrasé ambitieux. Au coeur de La Faourette balayé par le vent d'Autan de ce début de printemps, l'occasion était belle de constater "pour de vrai" la nature du travail d'un club qui se revendique citoyen et proche des aspirations de ses supporters, eux-mêmes souvent également éducateurs ou joueurs. Avec le concours de l'AS La Faourette et de son président Rachid Badri, le premier challenge "Jouons Ensemble" réunissait également les débutants de la Juventus Papus, ceux de Bagatelle ainsi que du TFC pour un mini-plateau convivial prétexte à la rencontre de deux mondes qui n'ont pas si souvent que ça l'habitude de se croiser. Avant l'arrivée de la nouvelle équipe dirigeante au début du nouveau siècle, longtemps, trop longtemps, le TFC était resté emmuré dans sa tour d'ivoire persuadé qu'il n'avait rien à faire au contact des plus humbles. Et de s'étonner dans le même temps d'une impopularité croissante que ses pauvres résultats ne suffisaient évidemment pas à améliorer... Et bien apparemment, ce temps là est révolu ! En ces périodes charnières où la quête d'identité est permanente et absolue, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde. Pour le club phare de la région qui trouve là matière à s'ancrer au plus profond de notre football, pour les clubs de quartier qui se sentent enfin écoutés et considérés.
Le TFC tente depuis 2002 de donner du corps à son slogan citoyen. A la base de ce changement de stratégie (de philosophie), on trouve plusieurs dirigeants du TFC dans le sillage de Jean-François Soucasse, le DG, de Pascal Sempé, le responsable de l'école de foot et enfant du Mirail, ou de Rémi Denjean plus spécialement rattaché aux programmes citoyens du club. On a surtout découvert à La Faourette Didier Meseguer, le référent du club violet pour tout ce qui touche aux quartiers et au football de rue, le meneur de jeu de l'après-midi : "J'ai grandi sur Empalot et j'ai surtout pratiqué le foot que j'appellerais "sauvage" car il faut y faire preuve d'une capacité d'adaptation très importante. Même si, contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est un football où il y aussi beaucoup de règles". Des règles qu'il tente de transposer au niveau des écoles de foot. "On raisonne en terme de résolution de problèmes. A chaque situation qui se présente, liée au jeu ou à son environnement, on demande à l'enfant de trouver sa propre solution. C'est le rapport à la règle du jeu équivalant à la règle sociale." On touche donc là la dimension sociale du football, une dimension que trop peu de clubs professionnels parviennent à appréhender autrement que de manière superficielle et souvent démagogique. A Toulouse, avec le concours de la mairie, le TFC tente donc depuis 2002 de donner du corps à son slogan citoyen. Sur le terrain, Didier Meseguer est un messager efficace et convaincant : "Souvent, nous avons affaire à des enfants en difficulté sur au moins deux de leurs trois temps de vie, à l'école et à la famille. Donc, nous, au football, on essaie de les mettre en situation de réussite à travers les apprentissages. L'objectif est donc d'avoir un climat d'apprentissage cohérent dans leur club."
De gauche à droite, Didier Meseguer, Moussa Sissoko, Cheikh M'Bengue et Rémi Denjean, la délégation téféciste...
Didier Meseguer : "Tous les clubs sont en demande mais nous devons faire attention de ne pas faire de l'ingérence."
Tout est dit de la nature de l'intervention téféciste dans cette entrée en matière dictée par la mise en place des ateliers à l'intérieur desquels les enfants vont pouvoir évoluer. "Le dispositif privilégie l'aspect socio-éducatif, poursuit Meseguer. Nous avons beaucoup d'échanges avec les éducateurs des clubs concernés et toujours à leur écoute lorsqu'ils rencontrent des problèmes. L'accompagnement repose sur une aide pédagogique, matérielle et un conseil technique." Pour un club dont l'image n'a pas toujours été bonne même à quelques centaines de mètres du Stadium, le passif n'a pas été simple à avaler. L'un des leitmotivs de l'opération renvoie à cette relation complexe : surtout ne pas arriver en terrain conquis. "Tous les clubs sont en demande mais nous devons faire attention de ne pas faire de l'ingérence." A écouter les commentaires des éducateurs présents sur La Faourette, la force du référent téféciste réside justement dans cette capacité à ne pas se positionner en donneur de leçon. Au quotidien, c'est beaucoup de diplomatie, de la finesse psychologique et une grande capacité d'écoute. La vérité n'est ni d'un côté ni de l'autre plutôt dans une relation harmonieuse basée sur le respect et la confiance. Dans cet esprit, Didier Meseguer intervient un mercredi sur deux sur La Faourette et Bagatelle, puis sur Le Mirail et Empalot toute la saison avec un suivi évident qui se poursuit pendant les vacances scolaires à travers des stages. Ce mercredi, s'il était particulièrement satisfait de ce premier challenge "Jouons ensemble", c'est aussi parce que, une fois n'est pas coutume, les pros avaient fait le déplacement. Timides mais bien présents, Moussa Sissoko et Cheihk M'Bengue validaient en quelque sorte la politique de leur club en se rendant à La Faourette au contact de ces gosses pour qui ils représentent tant. Tentant d'endiguer l'enthousiasme général au moment des autographes, Didier Meseguer avait la banane. Il pouvait lâcher : "Ça y est, c'est gagné !" La seule présence des deux futures stars du football français avait crédibilisé son discours et renforcé l'image de son club. "Ils sont venus vous voir, ils s'intéressent à vous..." lâchait-il aux débutants de Bagatelle presque surpris de se voir reprendre de volée alors qu'ils oubliaient de dire merci en récupérant leur photo dédicacée... Et oui, pro ou pas pro, les valeurs doivent rester les mêmes. A leur décharge, comme trop d'enfants de nos cités ou de nos campagnes, ils n'ont que trop rarement l'occasion de côtoyer des joueurs qui, pourtant, auraient tellement à leur apporter... J.C. Qu'en pensent les éducateurs ?
Youcef MEDDAH (Juventus Papus) : "Didier est un référent crédible..."
"Les enfants sont contents de jouer contre la référence, le TFC, le club phare de la ville. Nous, les éducateurs, on apprécie de pouvoir se retrouver entre éducateurs de clubs voisins mais qui n'avaient pas forcément l'habitude de se côtoyer. J'ai beaucoup de respect pour ce que fait le TFC à travers Didier Meseguer car ils donnent leur chance à tout le monde même aux clubs dits défavorisés. Grâce au TFC, on échange entre nous, et je tire mon chapeau à Didier qui est un référent crédible qui nous comprend et qui est très respecté par tout le monde. Il fait tout pour nous aider et son travail ne date pas d'aujourd'hui. Il y a longtemps qu'il est sur le terrain et qu'il oeuvre pour les enfants qui le connaissent pour la plupart tous et qui l'appellent d'ailleurs par son prénom. C'est révélateur."
Les débutants de Bagatelle avec leur éducateur, Abdesaram Chekouch (à gauche) également joueur de l'équipe de PH actuellement à la lutte pour se maintenir.
Abdesamad CHEKOUCH (Bagatelle) : "On apprécie le geste du TFC"
"On partage des moments de football et de convivialité grâce au TFC. On apprécie leur geste et c'est important pour les gamins qui rêvent tous d'aller jouer au TFC un jour. Lorsqu'ils voient la tenue violette ils sont émerveillés alors, quand ils ont la chance de croiser des joueurs, comme aujourd'hui, c'est fabuleux pour eux. Notre club est en partenariat avec le TFC pour les entraînements de l'école de foot le mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires, ça nous aide énormément au niveau pédagogique. Quelqu'un comme Didier Meseguer nous apprend beaucoup..."
C'est un gamin du TFC qui a lu la charte de bonne conduite à respecter par tous les participants à l'opération Jouons Ensemble.
Parce qu'il est à la fois respectueux et exigeant, le discours de Didier Meseguer passe bien et propage une belle image du TFC.
Jeudi 25 Mars 2010
Foot 31
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